Histoire illustrée de St-Barth
De Christophe Colomb à l'ère suédoise
Bien que de taille modeste, Saint-Barthélemy possède une histoire remarquablement riche et nuancée, qui a façonné l'identité singulière de l'île. D'abord habitée par des peuples autochtones des Caraïbes, elle est ensuite revendiquée par les puissances européennes qui reconnaissent sa position stratégique sur les routes commerciales régionales. Les Français y établissent une présence au XVIIᵉ siècle, même si la vie sur place reste longtemps simple et isolée.
Un chapitre particulièrement marquant débute en 1784, lorsque la France cède Saint-Barthélemy à la Suède en échange de droits commerciaux. Sous administration suédoise, le port est rebaptisé Gustavia en hommage au roi Gustave III et devient un port franc dynamique. Entrepôts, bâtiments de douane, édifices administratifs et forts sont construits autour de la rade, dont beaucoup subsistent aujourd'hui comme témoins majeurs du patrimoine de l'île.
Parmi les sites emblématiques figurent le fort Karl, qui surplombe Shell Beach et offre une vue panoramique sur la côte, ainsi que le fort Gustav dominant le port et jouant jadis un rôle défensif clé. Le clocher suédois, les anciennes maisons en gaïac et les vestiges de l'hôpital suédois rappellent également cette période scandinave. Même certains noms de rues — comme Köping, Strand ou Piteå — portent encore l'empreinte de cet héritage.
En 1878, Saint-Barthélemy retourne sous souveraineté française à la suite d'un référendum local. La vie y demeure traditionnellement simple jusqu'au milieu du XXᵉ siècle, lorsque l'arrivée de l'aviation, de nouvelles infrastructures et des premiers voyageurs en quête d'authenticité transforme peu à peu l'île. Saint-Barthélemy devient alors un refuge exclusif pour artistes, marins, esprits bohèmes puis, plus tard, pour le « jet set » international.

Héritage suédois
Une maison suédoise historique préservée à Gustavia





































